Bulletin d'information No. 1048 pour l'Afrique de l'Ouest
Bureau de coordination des affaires humanitaires
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SIERRA LEONE: Le désarmement s'accélère dans le nord
Le désarmement a pris sa vitesse de croisière à Koinadugu, un district du nord, après avoir lentement démarré en raison du mauvais état des routes et du manque de moyens de transport, a déclaré ce lundi à IRIN une source humanitaire à Freetown.
La région est recouverte d'une épaisse forêt et les combattants doivent effectuer de longs voyages avant d'atteindre les camps de désarmement. La situation s'améliore actuellement, a indiqué la source, car l'ONU procure aux combattants des véhicules de transport pour aller aux camps d'accueil du désarmement à Fadugu et à Kabala.
Entre le 20 et le 26 août, 177 combattants du Front révolutionnaire uni (RUF), parmi lesquels sept enfants, et 46 membres des Forces civiles de défense (CDF), alliées au gouvernement, ont rendu leurs armes dans le district de Koinadugu, selon l'ONU.
Le Service de radiodiffusion de la Sierra Leone a rapporté lundi que les élections ne seront organisées qu'une fois que les forces rebelles et la milice pro-gouvernementale auront rendu leurs armes. Le gouvernement a aussi écarté la possibilité d'un gouvernement intérimaire, qu'il considère anticonstitutionnel, a rapporté la radio publique. Le commissaire national électoral, Walter Nichol a informé des journalistes à Freetown que les préparatifs en vue des élections avaient commencé, même si aucune date n'a été fixée. Le Secrétariat du Commonwealth à Londres a dépêché une équipe en Sierra Leone, composée de conseillers juridiques et pour l'inscription des électeurs, afin d'aider à préparer le scrutin, a rapporté la BBC en citant M. Nichol.
GUINEE: Cent vingt réfugiés libériens arrivent à Macenta
Cent vingt réfugiés fuyant le conflit dans leur pays sont arrivés récemment à Macenta, une localité du sud-est de la Guinée, avait rapporté vendredi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Ils s'ajoutent aux autres 80 000 réfugiés libériens, dont certains se trouvent en Guinée depuis une décennie.
Beaucoup de nouveaux réfugiés, qui furent envoyés dans un camp à Kola, à 35 km au nord de la localité de Nzerekore, au sud-est du pays, ne sont pas en bonne santé et « plus d'une douzaine » sont arrivés blessés. Le HCR a rappelé que les réfugiés ont fui lorsque les hostilités ont éclaté le 10 août dans le village de Batazou, dans le comté de Lofa. Les forces gouvernementales et les dissidents se battent depuis des mois pour le contrôle du comté.
Le HCR a rapporté que ce groupe de réfugiés avait indiqué que nombre d'entre eux furent séparés de leurs familles quand ils ont fui. On ignore encore o=F9 se trouvent quelque 60 membres des familles, a ajouté le HCR. Citant les réfugiés, l'agence a indiqué que beaucoup d'autres Libériens avaient quitté leurs villages et se dirigeaient vers la Guinée.
Les autorités guinéennes à Macenta ont détenu "un nombre indéterminé" de réfugiés parmi les nouveaux venus, a précisé le HCR. "On ne sait pas pourquoi certains individus ont été détenus, bien que l'on croit que des hommes libériens en bonne condition physique seraient soupçonnés d'appartenir aux forces hostiles à l'armée guinéenne », a ajouté le HCR.
La Guinée et le Liberia s'accusent l'une l'autre d'appuyer leurs dissidents respectifs.
COTE D'IVOIRE: Plusieurs morts à cause d'un breuvage
Plusieurs personnes seraient mortes et de nombreuses autres hospitalisées après avoir bu un bouillon local préparé avec du millet, ont rapporté lundi les organes d'information et des sources proches du ministère de la Santé.
La BBC, citant des sources policières ivoiriennes, a informé que 25 personnes au moins étaient mortes dans le village de Labokro, juste au sud de la capitale, Yamoussoukro. Reprenant la télévision publique, l'AFP a indiqué que 83 personnes ont été admises à l'hôpital de Yamoussoukro. Des responsables auprès du ministère ivoirien de la Santé, bien informés de la situation, n'ont pas divulgué immédiatement le nombre des victimes décédées ni celui des personnes hospitalisées. Des officiels ont déclaré à IRIN qu'un bilan plus clair de la situation pourrait être disponible mercredi.
La BBC a expliqué que la femme qui avait vendu le breuvage était en garde à vue. On ignore si elle est inculpée ou si elle est retenue pour sa propre protection.
BURKINA FASO: La gendarmerie s'engage à empêcher la déstabilisation du Mali
Le commandant de la gendarmerie du Burkina Faso, le colonel Mamadou Traoré, a averti samedi que son commandement ne permettra à aucun groupe de déstabiliser le Mali voisin.
« Nous voulons assurer nos frères Maliens que notre territoire ne saurait être utilisé pour saper sa stabilité », a-t-il affirmé aux journalistes dans la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou.
M. Traoré est le chef de l'état major de la gendarmerie, une unité paramilitaire chargée de la sécurité sur l'ensemble du territoire. Sa déclaration est intervenue deux jours après l'arrestation par des gendarmes de Allassane Ould Mohamed, le chef de file des Touaregs, dans un ancien camp de réfugiés à Djibo Mentao, à 200 km au nord de Ouagadougou. L'interpellation de M. Ould Mohamed avait été annoncée samedi. Son épouse a indiqué à IRIN que son mari avait été arrêté à cause d'une entrevue accordée aux médias internationaux en début de semaine.
Le 20 août, M. Ould Mohamed avait déclaré que quelque 2 000 Touaregs avaient été abandonnés par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) depuis que le programme officiel de rapatriement des réfugiés Touaregs avait pris fin en 1997. M. Ould Mohamed a demandé que le HCR et le gouvernement du Mali procurent aux anciens réfugiés 3 millions de dollars pour faciliter leur retour, faute de quoi, « ils entreprendraient une action ».
[Voir dossier complet séparé, intitulé'BURKINA FASO : Gendarmerie vows to block destabilisation of Mali']
NIGERIA: Libération des otages d'une plate-forme de forage
Les jeunes militants ont remis en liberté, sains et saufs, 99 employés d'une compagnie de pétrole tenus en otage depuis jeudi dans une plate-forme de forage du sud du Nigeria, ont rapporté les médias. La plate-forme offshore, située à 100 km au large de la côte du Nigeria, appartient à la 'Transocean Sedco Forex', sise à Houston, et effectuait des opérations de forage pour le compte du géant pétrochimique Royal/Dutch Shell, a informé la BBC.
« Nos représentants ont eu des négociations avec les jeunes et les preneurs d'otages ont accepté de libérer la plate-forme la nuit dernière, mais il se faisait tard et ils n'ont pas pu partir », a rapporté la BBC en citant le porte-parole de Shell ce lundi. Parmi les otages libérés, dix-neuf étaient des ressortissants étrangers: cinq de Grande-Bretagne et autant des Etats-unis, trois Australiens, un ressortissant de l'Afrique du Sud et un de Trinidad, ont rapporté les organismes de presse. Les nationalités des autres otages étrangers n'ont pas été précisées. Les quatre-vingt autres étaient des Nigérians.
La prise d'otages est devenue monnaie courante dans le Delta du fleuve Niger, riche en pétrole. Les jeunes Irate demandent une part accrue de la manne pétrolière de la région et accusent les compagnies pétrolières multinationales y opérant de nuire à l'environnement.
GUINEE-BISSAU: Un tribunal décrète que l'expulsion de l'Ahmadiyya est anticonstitutionnelle
Un tribunal de la capitale Bissau a suspendu l'ordre présidentiel décrété il y a une semaine expulsant le groupe islamique de l'Ahmadiyya, et l'a jugé « anticonstitutionnel », avait rapporté vendredi l'agence de presse portugaise 'Lusa'.
La décision a jugé illégal l'ordre du président Kumba Yala, daté du 20 août, donnant 48 heures aux membres du groupe islamique modéré Ahmadiyya pour quitter le pays, et a estimé qu'il constituait une menace contre la liberté religieuse, a précisé 'Lusa'. La décision du tribunal est le résultat direct d'un recours en appel soumis par l'Ahmadiyya. Toutefois, tous les membres pakistanais de l'Ahmadiyya ont déjà été expulsés au Sénégal, bien qu'il soit encore permis à leur ordre d'exercer en Guinée-Bissau.
M. Yala a accusé le groupe de provoquer « de sérieux malentendus » au sein de la communauté musulmane en Guinée-Bissau, qui constitue la moitié de la population du pays, a conclu 'Lusa'.
Abidjan, le 27 août 2001
[FIN]
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