Afghanistan: Mission interministérielle reconstruction à Kaboul
- les ministres de l'agriculture, de la reconstruction, de la condition féminine, de la culture et de l'information, de l'éducation, des universités et des affaires étrangères, ainsi que deux vice-ministres de la santé.
- les représentants du PNUD, du FNUAP, du CICR et de l'UNICEF, ainsi que le Directeur Général de l'UNESCO, également en visite à Kaboul ;
- et les ONG françaises travaillant en Afghanistan.
La mission a également visité les lycées esteqlal et malalai, ainsi que l'ancien et le nouvel hôpital Ali Abad.
Les conclusions opérationnelles de la mission sont les suivantes.
1. Lycées Esteqlal et Malalai.
Comme cela a été convenu avec le Ministre des Affaires étrangères, la mission éducation qui sera à Kaboul du 14 au 24 février remettra aux ministères afghans de l'éducation et des Affaires étrangères un projet d'accord culturel reprenant après toilettage les termes de celui de 1966, qui posera les bases juridiques de l'action de la France dans les lycées esteqlal et malalai.
Cette action de la France s'inscrira dans le cadre du curriculum scolaire que les services du ministère afghan de l'éducation sont en train de préparer. La mission éducation jettera donc les bases d'un projet pédagogique français adapté.
La mission éducation étudiera également les devis pour la réhabilitation des deux lycées d'ici la rentrée des classes, le 22 mars prochain, demandés à l'ONG française Acted, qui a une grande expérience en la matière (elle a joué un rôle central dans la réouverture du tunnel de Salang) et dispose d'une important dispositif sur place. Une demande a été faite au Ministre afghan des Affaires étrangères d'autoriser un démarrage rapide des travaux. Il a promis d'y répondre très rapidement de façon positive. Les travaux de réhabilitation seront financés par les fonds recueillis par France Culture (son représentant, M. Jérome Bouvier, s'y est engagé, la Fondation de France passant convention avec Acted). Les autorités françaises prennent à leur charge le projet pédagogique.
Il conviendra par ailleurs, pour donner consistance à l'action de la France, et conformément aux décisions du Premier Ministre, que soient nommés à Kaboul avant le 15 février le Chef de projet éducation, qui devra avoir une solide expérience en matière de coopération éducative et de projets multilatéraux, et les deux responsables pédagogiques, pour chacun des lycées. Six enseignants ayant une compétence en matière de formation de formateurs, trois dans chaque lycée, devront ensuite être nommés dans les meilleurs délais. L'assistant technique sera pris en charge par la DGCID et les autres personnels sur les 2 ME autorisés par le Premier Ministre sur le 42.37.52 du Département, les salaires de base des enseignants restant assurés par le Ministère français de l'éducation nationale et de l'AEFE étant chargée de leur gestion et de leur mise en route.
Un entretien avec le représentant à Kaboul de l'Agha Khan Development Network a permis de vérifier son intérêt pour une coopération avec la France pour faire des lycées esteqlal et malalai des établissements de référence du système éducatif afghan. L'Agha Khan doit dépêcher une mission éducation sur le terrain au mois de février, à l'issue de laquelle une réunion de travail se tiendra à Paris pour étudier les possibilités de coopération.
Seront aussi étudiées les possibilités d'aide matérielle et pédagogique à d'autres écoles par le ministère français de l'éducation nationale, visant notamment à la scolarisation des filles, pour un budget prévu de 305.000 E.
L'engagement français sur deux ans (personnels et interventions) sera ainsi au total de 2.865.800 E pour l'éducation.
2. Hôpital d'Ali Abad.
L'ancien hôpital d'Ali Abad a été entièrement détruit, ce qui explique que l'aide médicale humanitaire française ait été envoyée au nouvel hôpital Ali Abad, beaucoup plus modeste, qui s'est installé dans les locaux de l'ancienne maternité malalai restaurée par la Turquie. Le ministère afghan de la santé souhaite que la France restaure l'ancien hôpital dans sa totalité, ce qui va bien au-delà des moyens autorisés par le Premier Ministre sur le 42.37.52 du Département (1 ME) et par le Sénat sur sa réserve (153.000). Il conviendra donc que l'assistant technique santé qui doit prendre prochainement ses fonctions à Kaboul (financement DGCID) procède à une évaluation des besoins et des coûts et trouve des cofinancements. Les moyens français disponibles pourront être utilisés pour répondre à des besoins dans les établissements existants.
L'engagement français sur deux ans (assistant technique et interventions) sera d'un total de 1.397.000 E pour la santé.
3. Coopération avec le PNUD.
Il a été convenu avec le PNUD que les 2 ME autorisés par le Premier Ministre sur le 42.37.52 du Département et destinés à des projets bi-multi seront essentiellement consacrés au renforcement des administrations et à la formation de fonctionnaires. L'expert français placé auprès du PNUD devra être nommé dans les meilleurs délais afin de s'insérer le plus en amont possible dans le dispositif. Le profil souhaité est celui d'un généraliste gestionnaire de projets.
Ces 2 ME, le 1 ME de contribution de la France au fonds fiduciaire du PNUD (crédits NUOI), la possibilité de dégager 61.000 E sur le fonds fiduciaire de la DGCID auprès du PNUD et le financement de l'assistant technique (crédits DGCID) portent à 3.305.000 E l'engagement français sur deux ans auprès du PNUD.
4. Agriculture.
Il a été convenu avec le Ministère de l'Agriculture de créer un fonds de contrepartie de l'aide alimentaire, afin de financer des projets de développement rural. Cette aide alimentaire devra comprendre 6.000 tonnes de semences (variétés adaptées aux conditions locales), à livrer impérativement avant les semailles du mois de mars, et 26.000 tonnes de produits alimentaires (grains, huiles, farines ou sucre), pour une valeur totale de 6,1 ME. L'idée a également été retenue qu'une fraction de l'ordre de 10% de ces livraisons soit mise en place par le PAM dans le cadre du programme - Food for School -.
La mission agriculture qui sera à Kaboul du 29 janvier au 5 février proposera au ministère de l'agriculture un accord portant création de ce fonds de contrepartie, afin que sa mise en oeuvre puisse intervenir dans les meilleurs délais. Si ce fonds est créé, la DGCID prendra en charge un poste d'assistant technique chargé de le gérer et d'instruire avec ses interlocuteurs locaux les projets qui seront financés grâce à lui. Cet assistant technique apportera également un appui institutionnel au ministère afghan de l'agriculture.
Par ailleurs, le ministère français de l'agriculture apportera une aide (évaluée à 30.000 E sur fonds centraux et, si une coopération avec la Banque Mondiale est possible, 61.000 E sur son fonds fiduciaire auprès de cette institution) aux autorités afghanes pour actualiser la cartographie des ressources végétales et en eau du pays, après confirmation de cette demande par les ministères concernés.
L'engagement français pour l'agriculture sur deux ans sera d'un total de 6.435.000 E.
5. Patrimoine.
L'entretien avec le Ministre afghan de la culture et de l'information a fait apparaître l'ampleur des besoins dans le secteur du patrimoine. Il a été convenu avec M. Makhdoom Raheen de saisir l'occasion de l'inauguration le 28 février de l'exposition du musée Guimet sur l'art afghan pour étudier avec ce musée les modalités d'une assistance française. Il conviendra également de demander à l'UNESCO d'organiser à cette occasion une rencontre avec le Ministre afghan.
Ce dernier a particulièrement souhaité que la France reprenne ses fouilles archéologiques dans la région de Hérat, où les iraniens commencent à être actifs dans ce secteur. Les autorités afghanes préfèrent en effet (cela a également été mis en avant par les Ministres afghans des Affaires étrangères et de l'éducation) coopérer avec les pays européens qu'avec " des voisins encombrants et aux motivations douteuses ". Il conviendra que la commission des fouilles étudie cette possibilité.
L'engagement français est de 50.000 E pour le patrimoine, autorisés par le Premier Ministre sur le 42.37.52 du Département, hors financements possibles de la commission des fouilles.
6. Coopération avec la société civile.
Trois pistes ont été identifiées pour le 1 ME autorisé par le Premier Ministre sur le fonds d'urgence humanitaire du Département :
- deux tiers pour des projets à impact rapide dans le secteur social, en faveur de l'alphabétisation des femmes et des enfants, et plus particulièrement des veuves et des orphelins. Il conviendra que de tels projets soient menés sous l'égide du Ministère de la condition féminine, qui est actuellement démuni et qui doit être renforcé dans ses moyens et conforté dans son autorité au sein du gouvernement.
- un tiers pour des projets à impact rapide concernant des activités économiques à haute intensité de main d'oeuvre.
- un projet d'aide aux médias, pour un montant de 50.000 E.
L'engagement de la France pour la coopération avec la société civile est de 1 ME.
7. Enveloppe Afghanistan.
Afin de dégager quelques moyens (pour des invitations, formations, etc.) sur l'enveloppe Afghanistan de titre IV (278.000 E en 2002), le financement de l'assistant technique directeur du lycée franco-afghan de Peshawar, sera désormais pris en charge sur crédits centraux de la DGCID et non plus sur l'enveloppe Afghanistan.
8. Nomination d'un conseiller de coopération et d'action culturelle.
L'ampleur du dispositif mis en oeuvre, tant en terme de moyens financiers qu'humains, nécessite qu'un conseiller de coopération et d'action culturelle soit en fonction à Kaboul avant la fin du mois de janvier. La date convenue avec M. Lavertu, qui a pu rejoindre la mission à Kaboul, est le 22 Janvier 2002.
9. Le total des engagements français sur deux ans est donc de 15.608.000 E (102.387.000 F) à annoncer à la Conférence ministérielle de Tokyo sur la reconstruction (hors aide humanitaire d'urgence).












